La pyrale du buis, ce fléau à combattre rapidement

pyrale du buis

La pyrale du buis a été introduite accidentellement avec des végétaux importés, en 2005 en Europe. Elle est signalée en 2008 en Alsace. Elle a depuis colonisé toute la France et d’autres pays européens : Belgique, Autriche, Italie, Angleterre, Pays bas…

En Europe, nous avons des pyrales autochtones, qui s’attaquent au maïs, pomme de terre etc… mais ce lépidoptère ‘cydalima perspectalis’, nous vient du moyen orient : Chine, Japon, Corée. Il y vit dans un environnement tropical humide, et ses chenilles se nourrissent de houx, buis, fusain. Chez nous, la pyrale du buis se nourrit exclusivement de buis, feuilles et écorce en dernier lieu. C’est un papillon de nuit, de 36 à 44 mm d’envergure. Ses chenilles sont une horde vorace  qui décime les buis de nos parcs, jardins, et forêts.

Cycle de reproduction

Une température de 7°C provoque le réveil des larves qui ont hiverné, entre deux feuilles assemblées par des fils de soie, sur les buis infestés l’an passé. Elles étaient nées peu avant l’hiver.

Les chenilles commencent à manger le dessous des feuilles, elles sont indétectables à ce stade : elles font 3mm. En un mois, elles mesureront 35 à 40 mm, après trois mues.  Elles ont une tête noire luisante, un corps vert clair strié longitudinalement de vert foncé, avec des verrues  noires et de longs poils blancs isolés. Outre leurs trois paires de pattes , elles ont cinq paires de fausses pattes abdominales. Rapidement, elles colonisent tout le buis, se protégeant des prédateurs  par des toiles de soie, s’attaquant à l’écorce lorsque les feuilles viennent à manquer.

Vient ensuite le stade de la nymphe, semblable à une chenille, c’est un cocon lâche, de 21 mm de long fait de rameaux rassemblés par des fils de soie, parfois suspendu ou à l’écart des buis.

En trois semaines la nymphe donnera un papillon de 36 à 44mm d’envergure,  aux ailes blanc nacré, bordées d’une bande brun terne avec des irisations dorées et  violacées, ce qui le différencie de toutes les espèces autochtones européennes. Il partira pour 15 jours de vie, car il peut se nourrir à contrario de biens des papillons de nuit, et pondra dès sept  jours, plus de 1200 œufs, au revers des feuilles par petits groupes de 5 à 30. Les chenilles se forment au bout de quelques jours.

Cette reproduction très rapide : 60 jours d’œuf à œuf, permet 3 à 4 générations par an,  avec  des conditions météorologiques favorables.  Ce qui explique les dégâts causés aux buis, si on ne commence pas la lutte dès l’apparition des premières chenilles. La première vague affaiblit le plant en réduisant la photosynthèse, les suivantes l’achèvent en mangeant jusqu’à l’écorce.

Luttes

C’est surtout grâce au dessèchement des feuilles que l’on remarque l’attaque de la pyrale, sauf si on inspecte régulièrement nos buis dès que la température augmente au printemps. On peut alors voir des déjections (petites billes vertes ou noires) et des fils de soie sur des feuilles rongées, et voir, avec de la chance, les premières chenilles.

Si on intervient tôt, on peut sauver ces buis, qui pourront résister à une attaque et repartir au printemps suivant.

Lutte mécanique :

  • On peut, à l’aide d’un jet d’eau puissant, déloger les indésirables. Cela pourra être fait, aussi en préventif, au début de l’hiver.
  • Ramasser les chenilles visibles, car elles ne sont pas urticantes, pour les détruire.
  • Mettre sous filets les buis, pour éviter la ponte des œufs.
  • Si l’arbre est très attaqué, il faut le détruire en le brûlant pour détruire les chenilles, mais aussi les cocons.

Lutte biologique :

  • Pulvérisation de Bacille de Thuringe (Bacillus thuringiensis), disponible en magasin, bien asperger sur toutes les feuilles, dessus et dessous et même bas sur le tronc. A renouveler tous les 10 jours, et après une pluie. Ce produit touche cependant d’autres insectes.
  • Utilisation de pièges à phéromones, ils attirent les mâles qui sont collés et ne peuvent se reproduire. Il est temps alors de placer des filets anti insectes pour protéger les buis.
  • Traitement à base de trichogrammes : micro guêpes qui pondent dans les œufs de la pyrale. A faire 7 à 10 jours après le premier vol d’une période soit début juin, mi juillet à mi août et septembre.

Lutte chimique :

  •     Pulvérisation d’insecticides homologués à base de pyréthrinoïdes. Mais ils sont nocifs pour les abeilles et pas plus efficaces que les traitements biologiques.

Dans les pays d’origine, une régulation naturelle s’est mise en place, et la pyrale fait moins de dégâts.
En Europe, on a constaté quelques prédateurs :

  •  les moineaux et les mésanges  qui nourrissent leurs petits avec les chenilles
  • les chauve-souris qui mangent les papillons
  • la mouche tachinaire qui pond dans les œufs
  • la chrysope verte
  • différents orthoptères et coléoptères
  • les guêpes maçonnes
  • les frelons asiatiques

Mais la colonisation récente de la pyrale du buis  n’a pas encore permis aux parasites et prédateurs naturels d’avoir un véritable rôle dans la population de cette envahisseuse.

Les buis réagissent pendant les deux saisons qui suivent la défoliation totale, ils émettent des rejets et des gourmands. C’est surtout la troisième année que les arbres meurent.

Conséquences

La pyrale du buis s’est attaqué aux buxaies (forêt à dominance de buis) souvent dans les régions montagneuses, déstabilisant les terrains et aggravant les risques de feux de forêt.

Les jardins à la française et leurs allées de buis, des topiaires ont été défigurés, obligeant  des arrachages massifs et la plantation d’arbres de substitution : fusain Euonymus, chèvrefeuille arbustif, lonicera nitida, houx Ilex crenata ou encore myrte tarentine … avec la perte de notre patrimoine et  un impact sur le nombre de touristes.

La filière de travail du bois de buis (tournage et sculpture) a elle aussi été impactée par manque de matière première.

Les ventes de buis en jardinerie ont chuté.

Il faut aussi penser aux accidents de circulation que peuvent provoquer des nuées de papillons attirés par la lumière, la nuit tombée, ainsi que la nuisance dans les maisons en été.

Le buis pousse très lentement et il suffit d’un papillon et quelques mois pour détruire un plant centenaire parfois. En dix ans, la pyrale du buis a colonisé toute la France.

Il est important que tous nous participions à la lutte contre ce ravageur, même à un petit niveau.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *